
Le Bureau urbain de la Culture, Arts et Patrimoines de Beni a frappé fort. Par une notification officielle signée le 8 juin 2026, l’artiste musicien Joël Bayana a été suspendu et interdit de toute activité culturelle sur l’ensemble de la ville de Beni et ses environs jusqu’à nouvel ordre.

Dans cette correspondance adressée à l’artiste et transmise à plusieurs autorités administratives, judiciaires et culturelles, le chef du Bureau urbain de la Culture, Arts et Patrimoines justifie sa décision par une série de faits jugés graves et susceptibles de poursuites judiciaires.

Selon le document, les faits remontent au 4 juin 2026 entre 10 heures et 12 heures lors des émissions culturelles « Jeudi Molunge » et « Jeudi Makambo » diffusées sur les antennes de la Radio Muungano Beni. Les autorités culturelles accusent Joël Bayana de s’être rendu coupable de plusieurs actes répréhensibles.
Parmi les griefs retenus figurent notamment l’outrage au Chef de Division provinciale de la Culture et des Arts du Nord-Kivu ainsi qu’au Chef du Bureau urbain de la Culture de Beni. Les autorités évoquent également des menaces de mort proférées à l’encontre de ces responsables culturels au cours de l’émission.
La notification fait aussi état d’atteintes à l’honneur des responsables du secteur culturel, que l’artiste aurait qualifiés de consommateurs de chanvre dans des propos relayés sur les réseaux sociaux. À cela s’ajoutent des injures publiques visant certains de ses collègues musiciens, présentés selon le document comme des « mendiants » et des « délinquants ».
Autre accusation particulièrement lourde : un présumé détournement d’un lot d’instruments de musique offert aux artistes musiciens de Beni par un sénateur élu du Nord-Kivu. Les autorités culturelles estiment que ces faits nécessitent des investigations approfondies.
Se référant aux dispositions de l’Ordonnance-loi n°23/010 du 13 mars 2023 portant Code du numérique congolais, le Bureau urbain rappelle que la diffusion de fausses informations, les injures, la diffamation, l’outrage et le harcèlement via les réseaux sociaux ou les systèmes informatiques sont passibles de sanctions pénales.
Au-delà de la suspension administrative, le dossier pourrait désormais prendre une tournure judiciaire. Dans sa lettre, le Chef du Bureau urbain de la Culture demande expressément au Procureur de la République près le Tribunal de Grande Instance de Beni, mis en copie, de se saisir de l’affaire afin que « justice soit faite ».
Sauf nouvelle décision des autorités compétentes, la suspension de Joël Bayana est effective depuis le 8 juin 2026.
Remias Sumaïli