
Les combattants ADF continuent de semer la panique dans le territoire de Lubero. En l’espace de deux semaines, plus de cinq attaques ont été enregistrées dans le groupement Mwenye, en chefferie de Baswagha. Dans la nuit du samedi 24 au dimanche 25 janvier, le village de Musenge, situé à la limite entre la chefferie des Bashu (Beni) et le groupement Mwenye (Lubero), a été la cible d’une nouvelle incursion.
Au moins quinze maisons ont été incendiées, parmi lesquelles des habitations de particuliers, des commerces, une partie de l’église catholique et le bâtiment abritant la radio communautaire de Musenge. Si aucune perte en vies humaines n’a été signalée du côté des civils, les échanges de tirs avec les assaillants ont coûté la vie à deux militaires des FARDC. Les forces de sécurité sont intervenues rapidement pour limiter les dégâts.

Réagissant à cette recrudescence de violences, Kambale Muthano Jérémie, coordonnateur de la Nouvelle Société Civile du groupement Mwenye, dénonce l’intensification des attaques depuis le début du mois de janvier, lesquelles ont déjà coûté des vies humaines. Il plaide pour le renforcement des effectifs militaires et le lancement d’opérations musclées contre les assaillants.
De son côté, Maître Mahombi Kahongya, président de la société civile des Bashu, estime que ces attaques traduisent un rapprochement des rebelles vers la chefferie des Bashu, déjà ciblée par le passé. Il exhorte le gouvernement congolais à intensifier les opérations militaires pour stopper cette avancée et appelle la population à ne pas céder à la panique ni au désespoir, afin de ne pas donner l’avantage à l’ennemi.
À la suite de cette incursion, un déplacement massif des habitants a été signalé. La route Butembo–Masoya a été envahie ce dimanche par des familles fuyant les violences dans le groupement Mwenye. Ces populations se dirigent vers Butuhe et la ville de Butembo, à la recherche de zones jugées plus sécurisées, tandis que d’autres se sont réfugiées dans les villages de Vurondo et Rwahwa, en chefferie des Bashu.
Justin Mupanya