
Les enseignants des localités de Mutwanga et Mwenda, dans la sous-division de Bulongo, en territoire de Beni (Nord-Kivu), menacent de lancer un mouvement de grève illimitée pour protester contre l’incarcération de deux de leurs collègues. La décision a été prise lors d’une assemblée évaluative tenue vendredi 27 mars 2026 à l’Institut Ruwenzori, à Beni.

Au cours de cette rencontre, les professionnels de la craie ont examiné la situation de leurs collègues Mumbere Ndambire Roger et Kakule Wakisa Jean-Louis, actuellement détenus à la prison centrale de Kangbayi. Selon des sources judiciaires, les deux enseignants ont été poursuivis pour des faits de tortures corporelles ayant entraîné la mort d’un écolier à l’École primaire Lintumbe. Ils ont été condamnés à des peines allant de 4 à 18 ans de prison ferme.
Face à cette situation, l’intersyndicale des enseignants a exprimé sa vive indignation. Elle estime que les sanctions prononcées sont particulièrement lourdes et réclame une révision du procès.
Muhindo Katsuva Delphin, secrétaire permanent du SYNECATH Bungulu/Beni, a lancé un ultimatum aux autorités compétentes. Selon lui, si les deux enseignants ne sont pas libérés d’ici le 10 avril 2026, un mouvement de grève illimitée et élargie sera déclenché dans plusieurs établissements scolaires de la ville et du territoire de Beni.
« Nous sommes déterminés à défendre nos collègues et à obtenir justice pour eux. Nous ne pouvons pas accepter que des enseignants soient condamnés à des peines aussi lourdes pour des faits qui, selon nous, ne sont pas clairement établis », a déclaré Muhindo Katsuva Delphin.
Les enseignants de Mutwanga et Mwenda appellent également l’ensemble des acteurs du secteur éducatif à la solidarité afin de soutenir leurs collègues détenus. Ils insistent sur la nécessité d’un réexamen du dossier judiciaire afin que, selon eux, toute la lumière soit faite sur cette affaire.
Alors que la tension monte dans les milieux scolaires de la région, les prochains jours s’annoncent déterminants pour l’évolution de cette crise qui pourrait perturber le déroulement des activités scolaires dans une grande partie de la ville et du territoire de Beni.
Romulus Nzalumbo