
À l’occasion de la Journée internationale du sport au service du développement et de la paix, célébrée chaque 6 avril, Joël Kavuya, responsable de Rollers International à Beni et coach de la Dream Team Rollers (DTR), a accordé une interview à la rédaction sportive de Radio-Oasis.cd. Dans cet entretien, il revient sur le rôle du sport dans la cohésion sociale, les défis du développement sportif au Nord-Kivu et adresse un message d’encouragement à la jeunesse.

Coach dans une salle de sport de la ville de Beni, Joël Kavuya possède une longue expérience dans plusieurs disciplines sportives. Ancien pratiquant de judo, de boxe, de basketball et de karaté, il s’investit aujourd’hui dans l’encadrement des jeunes à travers différentes activités sportives.

Le sport, un outil de paix et d’éducation
Répondant à la question sur la contribution du sport à la réconciliation des communautés et à l’éducation de la jeunesse, Joël Kavuya estime que la pratique sportive constitue un puissant facteur d’unité.

Selon lui, le sport rassemble des personnes issues de milieux différents autour de valeurs communes telles que le respect, la discipline et l’esprit d’équipe.
« Le sport unit les esprits et les âmes. Il rassemble des personnes qui partagent les mêmes valeurs et les mêmes objectifs. En cette date du 6 avril, nous rendons hommage à tous ces hommes et ces femmes qui, malgré leurs difficultés, continuent de s’engager pour construire une communauté plus paisible à travers le sport », explique-t-il.
Pour cet encadreur sportif, le sport agit également sur le développement personnel des jeunes en renforçant la confiance en soi et le bien-être physique et émotionnel.

Le défi de la professionnalisation du sport à Beni
S’agissant de la professionnalisation du sport dans la province du Nord-Kivu et particulièrement dans la ville de Beni, Joël Kavuya reconnaît que plusieurs efforts sont déjà fournis par les acteurs locaux. Toutefois, de nombreux défis restent à relever pour permettre aux athlètes d’atteindre le haut niveau international.
Parmi les principaux obstacles, il cite notamment le manque d’infrastructures sportives adaptées et le faible accompagnement des jeunes talents.
« Les infrastructures sportives restent un grand défi. Les autorités devraient investir davantage dans ce secteur afin d’offrir aux jeunes des espaces appropriés pour s’entraîner et se développer », souligne-t-il.
Selon lui, le sport peut constituer une alternative importante pour les jeunes dans une région marquée par plusieurs défis sécuritaires.
« Le sport peut aider les jeunes à rester dans leur communauté et à promouvoir une image positive de leur ville, au lieu de s’engager dans des activités destructrices », ajoute-t-il.
Le manque d’opportunités pour les jeunes talents
Joël Kavuya évoque également le manque d’opportunités et d’accompagnement pour les jeunes sportifs désireux de se professionnaliser.
Il rappelle qu’il y a un an, l’équipe Dream Team Rollers de Beni avait participé à une compétition internationale de rollerball au stade Kasarani, où elle avait terminé à la cinquième place.
Bien que les sportifs aient bénéficié d’un soutien pour leur déplacement, il estime que davantage d’accompagnement institutionnel serait nécessaire pour valoriser les performances des athlètes locaux.
« Les jeunes sont prêts à se donner pour représenter leur ville et leur pays, mais ils ont besoin d’un véritable soutien pour évoluer et atteindre le niveau international », indique-t-il.
Un appel à la persévérance pour la jeunesse
Face aux nombreuses difficultés que rencontrent les jeunes sportifs, Joël Kavuya les encourage à croire en leurs capacités et à persévérer dans la pratique sportive.
« On ne fait pas le sport uniquement pour les autres, on le fait d’abord pour soi-même. Le sport améliore la santé, renforce la discipline et contribue au bien-être », affirme-t-il.
Il appelle également les autorités à soutenir davantage toutes les disciplines sportives, au-delà du football, afin d’offrir aux jeunes davantage d’opportunités d’épanouissement.
« Beaucoup de jeunes peuvent réussir leur vie à travers différentes disciplines sportives. Il est important de valoriser tous les sports et d’accompagner ceux qui s’y engagent », conclut-il.
Remias Sumaïli