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Beni : des jeunes diplômés dénoncent les difficultés d’accès à l’emploi

Dans la ville de Beni, en province du Nord-Kivu, plusieurs jeunes diplômés expriment leur frustration face aux conditions d’accès au marché du travail. Ils dénoncent notamment les exigences disproportionnées d’expérience professionnelle, parfois fixées à cinq (5) ans pour des postes censés être ouverts aux débutants, ainsi que le favoritisme et la pré‑sélection des candidats par certains recruteurs. Ces pratiques bloquent l’insertion professionnelle des nouveaux diplômés.

Une jeune diplômée en gestion financière et comptable explique avoir multiplié les candidatures sans succès : « Il y a des moments où nous déposons des dossiers et l’on nous demande une expérience de cinq ans. Pendant que nous venons à peine de finir nos études, comment acquérir cette expérience ? » Un autre diplômé en santé publique, titulaire d’un master en épidémiologie, affirme n’avoir toujours pas trouvé d’emploi depuis 2023 malgré ses qualifications.

Pour l’entrepreneur local Asante Kihimba, le chômage des jeunes ne s’explique pas seulement par les pratiques de recrutement, mais aussi par un manque de compétences pratiques et de créativité. Selon lui, beaucoup de jeunes se limitent à accumuler des connaissances théoriques sans développer une capacité d’analyse des défis réels de la communauté. « La faible capacité d’analyse rend les jeunes inéligibles devant une opportunité d’embauche », souligne‑t‑il.

Il recommande d’encourager l’esprit critique et l’innovation, en incitant les élèves et étudiants à identifier les besoins locaux dès leur parcours scolaire et à transformer ces problèmes en opportunités d’emploi. « Si un recruteur constate que vous avez déjà pu transformer un problème de la communauté en opportunité, il vous considère comme un acteur du changement et cela augmente vos chances », ajoute‑t‑il.

Ce reportage met en lumière la double difficulté des jeunes de Beni : d’une part, les barrières imposées par les recruteurs, et d’autre part, le besoin de renforcer les compétences pratiques et l’esprit d’initiative pour mieux s’insérer dans un marché du travail saturé.

Reportage de Charmante Syahava, rédigé par Justin Mupanya

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