
Les jeunes de la commune de Bungulu, en ville de Beni (Nord-Kivu), ont réaffirmé leur engagement à contribuer activement à la recherche de la paix, sécurité et de la cohabitation pacifique, lors d’un cadre d’échanges organisé le mercredi 17 février 2026 dans la salle des jeunes située au quartier Mambango.
Réunissant environ 100 participants, cette activité initiée par les jeunes leaders communautaires de Bungulu s’inscrit dans le cadre du projet « Pouvoir d’Agir des Jeunes et de la Société civile » (PAJES). Les échanges ont porté sur plusieurs thématiques liées à la sécurité et au vivre-ensemble dans cette commune, l’une des quatre que compte la ville de Beni, au Nord-Kivu.

Les participants ont notamment dénoncé la recrudescence de l’insécurité dans certains quartiers, particulièrement dans la cellule Mangothe du quartier Mambango. Selon plusieurs témoignages, des cas de criminalité urbaine, accompagnés de pillages et d’extorsions, sont régulièrement enregistrés.

« Nous souffrons énormément ici. Il y a peu, une femme a été fusillée par des hommes armés qui se sont ensuite volatilisés dans la nature. La situation s’aggrave à cause des patrouilles parallèles : les militaires de leur côté, la police du sien et nous, les jeunes, qui essayons aussi de nous prendre en charge. Trop, c’est trop », a confié un responsable des jeunes de Bungulu.

Face à cette situation, les participants se sont engagés à redoubler de vigilance en appliquant efficacement le Système d’Alerte Précoce et Rapide (SAPRA).

Les discussions ont également abordé les tensions observées entre certains militaires, leurs dépendants et la population civile, notamment au quartier Mambango. Pour promouvoir la cohabitation pacifique, les jeunes ont proposé plusieurs initiatives, dont l’organisation de matchs de football, le partage d’informations sécuritaires et la mise en place d’une vigilance concertée.
Prenant part aux échanges, Serge Liwela a estimé que les deux couches sociales sont appelées à vivre ensemble :
« Nous avons abordé la question cruciale du climat de méfiance entre les militaires, leurs dépendants et les civils, majoritairement les jeunes. C’est un problème qui occasionne parfois des cas de justice populaire. De telles activités nous permettent d’analyser nos problèmes en profondeur et de réfléchir à des solutions durables », a-t-il expliqué.
De son côté, Esdras Kambale Kathaka, président du Parlement des jeunes de Bungulu, a exhorté la jeunesse à prendre son destin en main :
« Nous avons parlé des alertes précoces efficaces, de la place des jeunes dans le processus de paix et de l’éveil patriotique dans notre commune. Ces échanges sont fructueux parce que nous parlons entre nous, nous identifions nos problèmes et proposons des solutions. Même après le projet PAJES, nous continuerons à nous organiser pour contribuer au rétablissement de la paix et de la sécurité », a-t-il déclaré.
Cette activité, organisée par les jeunes leaders communautaires à travers le Conseil communal de la jeunesse de Bungulu, est la deuxième du genre après celle de Ruwenzori. Le projet PAJES est mis en œuvre par Alert International en consortium avec Mercy Corps, avec l’appui financier de l’Ambassade de Suisse en RDC à travers son département des Droits humains (DPDH), ainsi que du gouvernement britannique via le FCDO.
L’objectif est de faciliter les rencontres entre jeunes leaders autour de modèles inspirants et de renforcer leur rôle dans la consolidation de la paix.
La Rédaction