
La commune de Kimemi, en ville de Butembo (Nord-Kivu), a été le théâtre de nouvelles violences dans la nuit du vendredi à ce samedi 28 février 2026. Des affrontements armés ont opposé deux groupes Wazalendo dans le quartier Malende, plongeant la population dans une vive psychose.
Selon des témoignages recueillis sur place, des coups de feu ont été signalés vers 21h50 au camp des Wazalendo dits « Kasindien ». Les tirs se sont ensuite intensifiés entre 22h00 et 2h00 du matin au camp des Wazalendo MADPC, basé sur la colline Tabora. Plusieurs familles affirment avoir passé la nuit terrées dans leurs habitations, redoutant des incursions ou des balles perdues.
La tension est montée d’un cran au lever du jour. Des éléments Wazalendo MADPC de Tabora auraient incendié le camp des « Kasindien » situé à Musingiri-Movale, dans la périphérie de la ville. Des scènes de panique ont été signalées, poussant de nombreux habitants du quartier Malende à fuir vers des zones jugées plus sûres.
La société civile appelle à une médiation urgente
Réagissant à ces violences, la Nouvelle Société Civile Congolaise (NSCC), par la voix de son vice-président à Butembo, Jackson Kasereka Kangitsi, a fermement condamné ces affrontements. Il a exhorté les autorités politico-administratives et sécuritaires à convoquer en urgence les responsables des deux groupes afin de privilégier une solution pacifique.
« Ce n’est pas la première fois que des groupes Wazalendo s’affrontent dans cette partie périphérique de la ville », a-t-il rappelé, évoquant notamment les affrontements meurtriers de mars 2025 sur la colline Tabora, qui avaient coûté la vie à une dizaine de combattants.
La NSCC appelle également la population à la vigilance et à dénoncer tout mouvement suspect, tout en demandant aux groupes armés de cesser immédiatement les hostilités pour éviter une escalade mettant en danger les civils.
Un contexte sécuritaire fragile
Installés aux abords de Butembo, les groupes Wazalendo sont considérés comme des forces d’appoint aux (FARDC) dans les opérations contre les rebelles du , dont les positions initiales se situeraient à une quarantaine de kilomètres de la ville.
Cependant, des rivalités internes persistent entre ces groupes armés, notamment autour de la perception de taxes et du contrôle des barrières érigées sur les routes de desserte agricole.
En attendant une éventuelle médiation des autorités, la situation demeure préoccupante à Kimemi, où la population craint une reprise des combats.
Grace MAUA