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Goma : un an d’occupation rebelle, la ville paralysée et les habitants éprouvés

Voilà une année jour pour jour que la ville de Goma, capitale du Nord-Kivu, est sous le contrôle des rebelles de l’AFC/M23. Depuis le 27 janvier 2025, cette occupation a bouleversé le quotidien des habitants et entraîné la fermeture de l’aéroport international, privant toute une région de son principal poumon économique et logistique.

La fermeture prolongée de l’aéroport a eu des conséquences directes sur la vie des populations. Les voyageurs sont contraints de passer par les pays voisins pour rejoindre Kinshasa, ce qui implique des dépenses supplémentaires. Les activités aéroportuaires, qui généraient des revenus pour l’État et pour des centaines de travailleurs, sont à l’arrêt, provoquant une fuite des capitaux et une paralysie économique.

Selon Muhindo Muhesi Reagan, enseignant à l’Université Catholique du Graben de Butembo, ce blocage est lié au manque de consensus entre le gouvernement congolais et la rébellion, soutenue par le Rwanda. « Les conditions imposées par l’AFC/M23 et ses alliés ont empêché toute réouverture. C’est la preuve qu’aucun accord n’a été trouvé », explique-t-il.

La société civile de Goma dénonce quant à elle une dégradation dramatique des conditions de vie. « Après une année, c’est la désolation. Les petites entreprises ne fonctionnent plus normalement, le chômage s’est aggravé et la population vit dans l’incertitude », déplore Marion Ngavo Kambale, président de la coordination urbaine.

Sur le plan politique, l’opposant Martin Fayulu alerte sur la menace qui pèse sur la souveraineté nationale. Il estime que la sécurité de Goma et de ses environs est désormais soumise à des intérêts étrangers. « La souveraineté de notre pays ne se négocie pas », a-t-il martelé.

Le mouvement citoyen LUCHA dénonce pour sa part les violations des droits humains dans les zones occupées : assassinats de civils, paralysie des activités économiques, fermeture des institutions bancaires. Il critique l’inaction des autorités et exige le retrait immédiat des forces étrangères ainsi que l’application de la résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations-Unies.

Face à cette situation, le gouvernement congolais, par la voix de son porte-parole Patrick Muyaya, réaffirme sa détermination à rétablir l’autorité de l’État et à ramener une paix durable dans l’Est du pays.

Un an après la chute de Goma, la ville apparaît comme une cité fantôme, symbole des défis sécuritaires et humanitaires auxquels la République démocratique du Congo reste confrontée. Les appels au dialogue national se multiplient, portés par les acteurs politiques et les mouvements citoyens, qui y voient la seule voie pour sortir de cette crise et restaurer l’intégrité territoriale du pays.

Justin Mupanya

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