
La situation sécuritaire se détériore dangereusement dans la chefferie de Babila-Bakwanza, en territoire de Mambasa (Ituri). Depuis plusieurs semaines, cette entité vit au rythme des attaques récurrentes attribuées aux rebelles ADF, provoquant la peur au sein de la population et le déplacement de nombreux habitants vers des zones supposées plus sûres.
Selon la coordination de la société civile forces vives, les ADF multiplient leurs incursions dans plusieurs villages, où ils ont installé des bastions dans les zones forestières.
« Depuis un certain temps, la chefferie de Babila-Bakwanza est menacée par l’insécurité due à la présence des ADF, depuis 2022 jusqu’à nos jours. Il y a des villages qui regorgent des bastions de ces ADF, notamment les forêts d’Abenju à quelques 4 km de Lolwa, à Babungwe et ailleurs. Ces ADF circulent librement sans être inquiétés », a indiqué Tite Poyo, coordonnateur de la société civile forces vives de Babila-Bakwanza, ce lundi 13 octobre 2025.
Face à cette insécurité persistante, la société civile en appelle à une implication accrue du gouvernement de l’État de siège et des forces coalisées FARDC-UPDF, afin d’imposer la paix dans cette zone stratégique située entre l’Ituri et le Nord-Kivu.
« Le gouvernement de l’État de siège doit s’y imposer. Nous voudrions vraiment avoir zéro ADF dans cette zone, et cela dépend de l’implication des autorités de la force coalisée FARDC-UPDF pour traquer ces rebelles »,
a martelé Tite Poyo.
Pour la société civile, il est urgent que la coalition militaire intensifie ses opérations conjointes dans cette chefferie devenue un refuge pour les combattants ADF. La population, quant à elle, espère un retour rapide à la sécurité pour reprendre ses activités agricoles et commerciales interrompues par les violences.
Pour rappel, une attaque des ADF survenue le samedi 11 octobre dernier près de Lolwa, sur l’axe Komanda–Mambasa, a coûté la vie à deux soldats ougandais, illustrant la persistance de la menace dans la région.
Jérémy Lutter Deway, Mambasa