
Deux citoyens pygmées, capturés par les rebelles ADF le vendredi 6 février dans la zone d’Abulembi Sud, ont été retrouvés morts ce lundi. Les victimes revenaient de la chasse lorsqu’elles ont croisé les assaillants près d’autres otages bantous, à proximité de la localité d’Apakola, dans le village de Bwanasura/Otomabere, à environ 4 km de la RN4 Komanda-Luna.
Selon un rescapé, les rebelles auraient voulu utiliser ces pygmées comme pisteurs. Leur refus aurait conduit à leur exécution. Leurs corps ont été découverts et ramenés au centre commercial de Bwanasura/Otomabere, où l’émotion était vive parmi les proches et les habitants.
La douleur a été particulièrement forte pour la famille du professeur Dunga, dont la veuve a tenté de mettre fin à ses jours en apprenant la mort de son mari et de son petit frère, Mapimbo. Elle a été sauvée in extremis par des membres de la communauté.

S’exprimant sur cette tragédie, Christophe Munyanderu, coordonnateur de la Convention pour le Respect des Droits Humains (CRDH) en territoire d’Irumu, a condamné ces violences et formulé des recommandations :
« Nous demandons à la coalition militaire FARDC-UPDF de renforcer la traque contre l’ennemi dans les zones rurales. Nous émettons également le vœu de voir le commandant suprême s’impliquer directement pour mettre fin au phénomène ADF, qui perdure depuis trop longtemps dans les territoires de Beni et Lubero au Nord-Kivu, ainsi qu’à Irumu et Mambasa en Ituri. »
La CRDH appelle à une mobilisation accrue des forces de défense et à une solidarité communautaire pour soutenir les familles endeuillées et restaurer la sécurité dans ces zones meurtries par l’insécurité.
Justin Mupanya