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Ituri : la société civile exige l’ouverture urgente d’un couloir humanitaire pour les déplacés et retournés

Face à une situation humanitaire jugée critique dans plusieurs territoires de l’Ituri, les organisations de la société civile appellent les autorités congolaises et les partenaires humanitaires à l’ouverture immédiate d’un couloir humanitaire. Les déplacés internes et les ménages récemment retournés de Mambasa, Djugu et Irumu vivent dans des conditions alarmantes, marquées notamment par une pénurie aiguë de médicaments.

La détresse humanitaire persiste dans plusieurs zones de la province de l’Ituri, où les déplacés internes et les familles retournées peinent à accéder aux services sociaux de base. À Mambasa, Djugu et Irumu, la situation est qualifiée d’« insupportable » par les acteurs locaux, qui pointent du doigt l’insuffisance de l’assistance humanitaire, particulièrement dans le secteur de la santé.

Pénurie de médicaments et conditions de vie précaires

Selon Samuel Uketi, responsable de la Société civile du Congo, les conditions de vie des déplacés et des retournés se dégradent de jour en jour, notamment au sein des familles d’accueil du groupement Bandiango. Il déplore l’absence d’une réponse humanitaire proportionnelle aux besoins croissants sur le terrain.

« Les déplacés et les retournés vivent un véritable calvaire. Sans une assistance suffisante, la situation devient de plus en plus préoccupante », alerte-t-il.

La Convention pour le respect des droits humains (CRDH) partage cette inquiétude. Son représentant à Mambasa, John Kihimba, dénonce une carence sévère en intrants médicaux dans plusieurs centres de santé, notamment à Otomabere et Idohu.

« Cette pénurie compromet gravement l’accès aux soins de santé de base pour une population déjà vulnérable après de longues périodes de déplacement », souligne-t-il, appelant à une intervention urgente des autorités et des partenaires humanitaires.

853 ménages déjà retournés, mais l’insécurité freine les autres

De son côté, le chef du groupement Bandiangu, Noé Temuembi, confirme le retour de 853 ménages dans leurs villages d’origine. Il encourage la cohésion communautaire et exhorte les familles encore présentes dans les sites de déplacement à regagner leurs milieux habituels.

« Nous avons déjà enregistré le retour de 853 ménages. Il est important de préserver l’unité et d’encourager ceux qui sont encore dans les sites de déplacement à rentrer chez eux », a-t-il déclaré.

Cependant, malgré ces retours progressifs, de nombreux habitants restent réticents à regagner leurs villages, invoquant l’insécurité persistante dans certaines zones. Cette situation met en évidence la fragilité du processus de stabilisation et la nécessité d’un accompagnement sécuritaire et humanitaire renforcé.

Un appel pressant à l’ouverture d’un couloir humanitaire

Pour la société civile, l’ouverture d’un couloir humanitaire sécurisé demeure indispensable afin de faciliter l’acheminement de l’aide vitale, en particulier les médicaments et les produits de première nécessité. Sans cette mesure urgente, préviennent les acteurs locaux, des milliers de personnes déjà éprouvées par les conflits continueront de payer le lourd tribut de la crise humanitaire en Ituri.


Aiglon Mukanda Paluku


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