
La situation humanitaire reste alarmante à Bule, dans la chefferie des Bahema Badjere, en territoire de Djugu, en Ituri, où plus de 105 000 personnes vivent aujourd’hui sans aucune assistance humanitaire. Ces populations, déplacées à la suite des affrontements armés survenus en décembre dernier, survivent dans des conditions précaires, réfugiées aux abords du camp des militaires ougandais de l’UPDF et de la MONUSCO, dans l’espoir d’assurer leur sécurité.

Selon Meta Wani Michel, président de l’UNADI, une structure qui regroupe les 21 communautés de l’Ituri, ces informations ont été livrées à l’issue d’une mission effectuée le week-end dernier dans la zone avec l’appui de la MONUSCO. Cette crise humanitaire est la conséquence directe des combats opposant la milice CRP aux Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC). Les affrontements, qui ont débuté le 5 décembre 2025 à environ 20 kilomètres du centre de Bule, se sont progressivement étendus jusqu’au centre-ville.
« Sur le plan matériel, le bilan est lourd. Près de 50 % des maisons et des commerces ont été vandalisés et pillés. Les activités socio-économiques sont totalement paralysées. Le marché ne fonctionne plus, les églises sont fermées et la vie communautaire est à l’arrêt », a-t-il précisé.
Craignant pour leur sécurité, les habitants ont fui massivement leurs domiciles pour se regrouper dans des sites de déplacés ou à proximité des forces étrangères présentes dans la zone. Les forces loyalistes et d’autres groupes armés, notamment la CRP et la CODECO, sont signalés dans la région, avec des accusations de violences et d’exactions contre les civils.
Face à cette situation, l’Union des Associations culturelles pour le développement de l’Ituri appelle à une intervention urgente des autorités et des partenaires humanitaires. Parmi les recommandations formulées figurent l’ouverture rapide de couloirs humanitaires pour l’acheminement de vivres, de médicaments, d’eau potable et d’abris d’urgence, ainsi que la mise en place de patrouilles mixtes MONUSCO–UPDF pour renforcer la sécurité.
La structure plaide également pour la restauration de la confiance entre l’armée et la population afin de créer les conditions favorables au retour des déplacés dans leurs milieux d’origine.
Faraja Katho