
Le village de Mausa, situé dans le groupement Mwenye, chefferie des Baswagha, en territoire de Lubero (Nord-Kivu), a été la cible d’une attaque attribuée à des présumés combattants des Forces démocratiques alliées (ADF), mardi 13 janvier, dans l’après-midi. Cette nouvelle incursion armée vient renforcer le climat d’insécurité persistant depuis plusieurs mois dans cette partie de la province.
Selon des sources locales concordantes, le bilan provisoire fait état de cinq personnes tuées et de plus de vingt-six maisons incendiées, dont l’église catholique de Mausa, un lieu central de la vie communautaire. Deux personnes sont également portées disparues, parmi lesquelles le pasteur de l’Église EERA de Mausa, une situation qui suscite une vive inquiétude au sein de la population.
À la suite de cette attaque, un déplacement massif des habitants a été observé. Craignant de nouvelles violences, plusieurs familles ont abandonné leurs habitations pour se réfugier dans des zones jugées plus sûres, aggravant ainsi une crise humanitaire déjà préoccupante dans le groupement Mwenye.
Face à ces événements, le Conseil local de la jeunesse du groupement Mwenye dénonce avec vigueur ce qu’il qualifie d’inaction des autorités sécuritaires. D’après cette structure, des alertes avaient été transmises bien avant l’attaque, sans qu’aucune mesure préventive efficace ne soit prise. La jeunesse locale exige le déploiement urgent des Forces armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) afin d’assurer la protection des populations civiles et de restaurer l’autorité de l’État dans la zone.
Le village de Mausa est actuellement sous le contrôle des Wazalendo, membres de l’Union des Patriotes pour la Libération du Congo (UPLC). Ces derniers confirment leur présence dans la région, tout en regrettant leur non-intervention lors de l’attaque, malgré les informations d’alerte reçues en amont.
De son côté, Prince Kasyano, président du Conseil local de la jeunesse du groupement Mwenye, appelle les autorités compétentes à une réponse immédiate, ferme et durable, estimant que l’absence d’actions concrètes expose continuellement les populations civiles à des violences répétées.
Il convient de rappeler que cette attaque est la deuxième attribuée aux ADF dans le groupement Mwenye, après celle survenue au début de l’année 2025, qui avait coûté la vie à plusieurs cultivateurs dans la même zone. Cette répétition des violences relance les inquiétudes quant à la persistance de l’insécurité en territoire de Lubero.
Maua Grace