
Dans la région de Njiapanda, les établissements scolaires font face à un défi majeur : accompagner des apprenants profondément affectés par l’insécurité persistante attribuée aux rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF).
Ces derniers mois, les incursions répétées et les violences enregistrées dans plusieurs localités ont laissé des séquelles psychologiques visibles chez de nombreux élèves. Peur constante, difficultés de concentration, troubles du sommeil et baisse du rendement scolaire figurent parmi les symptômes observés.
Les enseignants, en collaboration avec les chefs d’établissement, reconnaissent éprouver d’importantes difficultés à aider les enfants à surmonter leurs traumatismes.
« Il devient compliqué de dispenser les cours normalement. Certains élèves sursautent au moindre bruit, d’autres restent renfermés », confie, sous anonymat, un responsable scolaire local.
Les professionnels de l’éducation plaident pour un accompagnement spécialisé afin d’éviter que ces traumatismes n’impactent durablement le parcours scolaire des apprenants.
Intervenant sur la question, le psychologue clinicien de l’Hôpital général de référence de Mambowa recommande la mise en place de mécanismes simples mais efficaces pour aider les enfants à se reconstruire. Il évoque notamment l’organisation d’activités ludiques et sportives pour favoriser la détente, des séances d’expression libre à travers le dessin, le chant ou le théâtre scolaire, ainsi que l’écoute active et des discussions encadrées en petits groupes. Il insiste également sur l’implication des parents dans le suivi émotionnel des enfants.
Selon le spécialiste, le jeu constitue un puissant outil thérapeutique permettant aux enfants d’extérioriser leurs peurs et de retrouver progressivement un sentiment de sécurité.
Les acteurs éducatifs de Njiapanda lancent ainsi un appel aux autorités et aux partenaires humanitaires afin de renforcer l’appui psychosocial dans les écoles de la région.
Face aux séquelles de l’insécurité, l’encadrement psychologique apparaît désormais comme une priorité pour préserver l’équilibre mental des apprenants et garantir la continuité d’un enseignement de qualité.
Aiglon Mukanda Paluku