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Nord-Kivu : la société civile demande un allègement fiscal face à la crise

La Coordination provinciale de la société civile du Nord-Kivu a saisi la Première ministre Judith Suminwa Tuluka pour solliciter la suspension temporaire de certains impôts, taxes et redevances appliqués aux biens et services dans les zones encore sous contrôle du gouvernement. Cette requête intervient dans un contexte marqué par une flambée des prix des produits de première nécessité et une dégradation humanitaire croissante.

Selon le président de la coordination, John Banyene, l’avancée des rebelles du M23 a provoqué le déplacement de milliers de familles vers les villes de Beni, Butembo, Lubero et la commune d’Oicha, considérées comme plus sûres. Cet afflux massif exerce une pression sur les ressources locales et entraîne une hausse rapide des prix.

« Une grande partie de la population s’est dirigée vers Beni, Butembo, Lubero et Oicha. Il y a aujourd’hui une surpopulation dans ces différentes villes et communes », explique John Banyene. Il déplore que les déplacés, dépourvus de moyens, soient confrontés à une montée vertigineuse des prix alors qu’ils ne bénéficient pratiquement d’aucune assistance.

La société civile cite l’exemple de certaines denrées de base : un bidon d’huile végétale passé de 30 à 34‑35 dollars, et un sac de riz désormais vendu autour de 20 dollars contre 18 auparavant. Pour John Banyene, cette situation illustre la nécessité de mesures fiscales exceptionnelles afin d’alléger le fardeau des populations locales.

« Nous avons demandé à la Première ministre de voir dans quelles mesures il est possible de suspendre temporairement certains impôts, taxes et redevances pour alléger tant soit peu la misère de la population », précise‑t‑il.

La société civile estime qu’une telle décision constituerait un geste de solidarité nationale envers les habitants du Nord‑Kivu, confrontés à la fois à une crise sécuritaire persistante et à une pression économique de plus en plus lourde.

Justin Mupanya

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