
Plus de vingt villages des chefferies de Baswagha et Bapere, en territoire de Lubero, se sont vidés de leurs habitants depuis le début du mois de janvier à la suite des attaques répétées attribuées aux rebelles ADF. Ces violences, marquées par des tueries, des incendies de maisons et des pillages, ont provoqué des déplacements massifs vers des zones jugées plus sûres, notamment les centres urbains et les localités voisines. Selon des sources locales de protection communautaire, les incursions nocturnes des assaillants plongent les communautés dans une psychose permanente, laissant de nombreuses familles sans assistance et exposées à des risques accrus, en particulier pour les femmes, les enfants et les personnes âgées.
Dans le territoire de Beni, le village de Butuhe, chef-lieu du groupement Malio en chefferie des Bashu, accueille déjà près de 500 ménages déplacés venus du groupement Mwenye. Maître Maombi Kahongya, président de la société civile des Bashu, a indiqué ce jeudi 22 janvier que ces familles vivent difficilement dans des foyers d’accueil. Il appelle les habitants à la solidarité et les autorités locales à procéder à l’enregistrement des déplacés, avertissant que l’ennemi pourrait profiter de ces mouvements pour infiltrer la communauté. Il exhorte également les autorités compétentes à intensifier les efforts pour ramener la paix dans les entités menacées.
Un afflux important de déplacés est également observé à Cantine, où la présence massive de personnes fuyant les violences a entraîné une pénurie d’eau potable. Le chef du bloc Gbadolite, Katya Mulirirwa Arsène, a lancé l’alerte ce vendredi 23 janvier, appelant la population locale à faire preuve d’hospitalité envers les déplacés tout en respectant les mesures de puisage fixées à deux bidons par ménage afin de permettre à chacun d’être servi. Pendant ce temps, la jeunesse locale mène une campagne de sensibilisation dans le groupement Baswagha/Madiwe sur la bonne gestion des rumeurs en cette période de précarité sécuritaire. Le jeune leader Afred Mumbere Mukeko exhorte la population à éviter la panique et à demeurer vigilante, tout en collaborant étroitement avec les services de sécurité.
Face à cette crise humanitaire et sécuritaire, la société civile appelle les autorités et les forces de sécurité à renforcer les dispositifs de protection des civils et à faciliter l’accès humanitaire pour venir en aide aux populations déplacées. Les habitants, pris en étau entre les attaques des ADF et l’absence de protection de l’État, vivent dans une angoisse permanente, redoutant de nouvelles violences dans un climat d’insécurité généralisée.
Justin Mupanya