
La décision des autorités de la République Démocratique du Congo de décréter la journée du mercredi 1er avril fériée et payée après la victoire de l’équipe nationale de football de la République Démocratique du Congo face à l’équipe nationale de football de la Jamaïque, synonyme de qualification pour la Coupe du monde de football 2026, continue de susciter des réactions dans la ville de Beni, dans l’est du pays.
Parmi ces réactions figure celle de Clovis Mutsuva, citoyen de Beni, qui exprime son indignation face à ce qu’il considère comme un manque de reconnaissance officielle envers les nombreuses victimes des massacres enregistrés dans cette région (Beni) depuis plusieurs années.
Dans une déclaration faite sur les ondes de la Radio-oasis.cd, il affirme avoir été profondément touché et révolté par cette situation.
« Moi-même, j’ai été vraiment touché et révolté. Je me suis demandé si réellement la population de Beni est écoutée. Nous demandons au régime actuel de décréter une journée d’aide ou de mémoire pour toutes les victimes des tueries ici à Beni », a-t-il déclaré.
Selon lui, malgré les nombreuses pertes humaines enregistrées dans la région, le gouvernement congolais n’a jamais décrété une journée fériée et payée en mémoire des victimes des massacres.
« Si nous avions des autorités compétentes, nous ne devrions pas compter autant de morts comme nous le faisons à l’Est de la RDC. Pourtant, on n’a jamais décrété une journée pour honorer leur mémoire », a-t-il ajouté.
Toutefois, Clovis Mutsuva précise qu’il ne s’oppose pas au football ni aux célébrations liées à la qualification des Léopards.
« Nous aimons tous le football. La victoire des Léopards, c’est aussi notre victoire. Nous avons veillé pour suivre le match et nous avons prié chacun à son niveau pour notre équipe », a-t-il souligné.
Mais pour cet habitant de Beni, la reconnaissance et l’hommage aux victimes des violences qui frappent la région restent une attente importante pour la population locale.
« Je ne suis pas contre les sportifs. Mais ce qui nous fait mal, c’est qu’on ne pense pas aussi à honorer la mémoire de toutes les victimes des tueries que nous subissons ici », a-t-il conclu.
Ces propos illustrent le sentiment d’une partie de la population de Beni, qui appelle depuis plusieurs années à une reconnaissance officielle et à des actions plus fortes en mémoire des victimes des violences dans l’Est de la RDC.
Remias Sumaïli