
La Société civile Forces Vives du groupement Baswagha-Madiwe a tenu, mercredi 12 août 2026 à Mabalako, son Assemblée générale ordinaire consacrée à l’examen de la situation sécuritaire, humanitaire, sociale et éducative dans cette entité du territoire de Beni, au Nord-Kivu.
Les travaux, ouverts à 10h50 dans les installations de l’Église CBCA et clôturés à 15h30, ont réuni plusieurs représentants de la Société civile et acteurs communautaires. La présence de Ndovya Varondi, conseiller du groupement, représentant le chef du groupement Baswagha-Madiwe, a notamment été saluée comme un signe d’ouverture au dialogue entre les autorités et les forces vives.
La sécurité au cœur des préoccupations
Sur le plan sécuritaire, les participants ont exprimé leur inquiétude face à la persistance de l’insécurité dans plusieurs zones, notamment à Mbilinga, Ngoyo, Cantine, Mashua, Makusa, Masau ainsi que sur l’axe Malese-Makusa-Ngoyo-Mununze. Des cas de cambriolages, de tracasseries, d’extorsions et de tirs intempestifs ont été évoqués, certains étant attribués à des porteurs d’armes.
Face à ces signalements, la Société civile demande aux autorités compétentes de procéder à des vérifications, de renforcer la discipline au sein des services de sécurité et de sanctionner tout abus qui serait établi. Elle plaide également pour une meilleure protection des civils, une collaboration accrue entre la population, les autorités politico-administratives et les services de sécurité, ainsi qu’un contrôle régulier des barrières et postes de contrôle.
Dans les zones touchées par les attaques des groupes armés, notamment les ADF, l’Assemblée recommande par ailleurs un renforcement de la protection des populations et un accompagnement des personnes qui regagnent progressivement leurs villages.
Le pont Loulo également dans le viseur
La situation du pont Loulo, sur la direction de Makusa et Mabalako, a également retenu l’attention des participants. La Société civile sollicite une évaluation technique urgente de cet ouvrage afin de prévenir une éventuelle dégradation susceptible de mettre en danger les usagers.
Les déplacés au centre des préoccupations humanitaires
Sur le plan humanitaire, l’Assemblée générale s’est penchée sur la situation des personnes déplacées par les conflits armés, particulièrement celles issues des communautés pygmées et actuellement hébergées dans certains établissements scolaires, notamment à l’École primaire Kekelibo et à Kilumya.
La Société civile recommande leur identification, la recherche de sites d’hébergement appropriés et l’assistance aux familles les plus vulnérables. Elle insiste également sur la nécessité de garantir aux enfants déplacés des conditions dignes et sécurisées pour la poursuite de leur scolarité.
Les jeunes appelés à s’engager pour la paix
À l’occasion de la Journée internationale de la jeunesse célébrée le 12 août, les forces vives ont appelé les jeunes du groupement Baswagha-Madiwe à jouer un rôle actif dans la consolidation de la paix et le développement communautaire. Elles préconisent une meilleure coordination des associations de jeunes et invitent ces derniers à se détourner de la drogue, de la délinquance, des gangs, de la violence et surtout de l’enrôlement dans les groupes armés.
L’Assemblée encourage ainsi la jeunesse à privilégier l’éducation, la citoyenneté responsable, l’entrepreneuriat, la cohésion sociale et la participation aux initiatives de développement local.
Foncier et taxes : des préoccupations soulevées
Les questions sociales et foncières ont également figuré parmi les points examinés. Les forces vives demandent notamment une clarification officielle sur les taxes appliquées au marché de Cantine et appellent les autorités à garantir la protection des espaces publics lors des opérations de lotissement.
Les espaces réservés aux écoles, marchés, centres de santé, routes, cimetières et autres infrastructures communautaires doivent, selon l’Assemblée, être clairement identifiés et préservés contre toute occupation ou vente irrégulière.
La vigilance recommandée face à Ebola
Dans le domaine de la santé, la Société civile invite la population à respecter les mesures de prévention et les consignes des autorités sanitaires face aux préoccupations liées à la maladie à virus Ebola. Elle appelle également à lutter contre les rumeurs et la diffusion de fausses informations susceptibles de compromettre les efforts de santé publique.
Quinze groupes de travail pour renforcer l’action communautaire
L’Assemblée générale a par ailleurs procédé à la mise en place de quinze Groupes de Travail Thématiques portant notamment sur la défense et la sécurité, les droits humains, le genre, la gouvernance, les élections, les médias et nouvelles technologies, les infrastructures, les mines, l’agriculture, l’éducation, la santé, l’environnement, la dynamique communautaire, la protection sociale et l’emploi, ainsi que le climat des affaires et le partenariat public-privé.
Ces structures auront pour mission de renforcer l’expertise de la Société civile, le suivi communautaire, le plaidoyer et les actions en faveur du développement du groupement Baswagha-Madiwe.
La Bourse d’études Madiwe mise sur l’excellence
Sur le volet éducatif, l’Assemblée a également examiné et accueilli favorablement le projet dénommé Bourse d’études Madiwe (BEM), une initiative portée par les Forces Vives en faveur de l’éducation et de l’excellence scolaire des enfants du groupement.
Selon le projet, et dans la mesure des ressources mobilisées au sein de la communauté, au moins un enfant par localité pourrait être sélectionné afin de bénéficier d’un appui pour la poursuite de ses études secondaires après avoir fait preuve d’excellence à l’ENAFEP. Cette initiative vise notamment à encourager la performance scolaire et à offrir aux enfants les plus méritants des possibilités supplémentaires de poursuivre leur parcours éducatif.
Les Forces Vives réaffirment leur engagement
À l’issue de ces travaux, la Société civile Forces Vives du groupement Baswagha-Madiwe, sous la conduite de son président Justin Paluku Kavalami, réaffirme son engagement à défendre les intérêts de la population, à promouvoir la paix, les droits humains, la bonne gouvernance et le développement communautaire.

Dans les conclusions de l’Assemblée, le secrétariat, représenté par Tchetche Kambale Musubao Aliamini, secrétaire rapporteur, appelle les autorités, les services de sécurité, les jeunes, les leaders communautaires et l’ensemble de la population à privilégier le dialogue, la responsabilité, la cohésion sociale et la collaboration afin de faire face aux défis sécuritaires, humanitaires et socio-économiques qui affectent le groupement Baswagha-Madiwe.
Thanks-Aiglon Mukanda Paluku