
Le rapport trimestriel de Badilika Droits Humains, couvrant la période d’avril à juin 2026, met en évidence une dégradation alarmante de la sécurité dans les territoires de Beni, Rutshuru, Masisi et Walikale. Les civils demeurent les principales victimes des affrontements opposant les ADF, l’AFC/M23, les FARDC et les groupes Wazalendo.
Selon ce rapport, plus de deux cents civils ont été tués au cours du trimestre, tandis que des centaines d’autres ont été blessés, enlevés, arrêtés arbitrairement ou contraints de fuir leurs villages. L’enquête documente également des recrutements forcés d’enfants, des violences sexuelles, des disparitions forcées, ainsi que des pillage et destructions de biens civils.

Badilika alerte sur l’usage croissant de drones de combat et d’armes lourdes dans des zones habitées, aggravant les risques pour les populations. Les combats autour des sites miniers et des principaux axes routiers ont fortement perturbé l’accès à l’éducation, aux soins de santé et aux moyens de subsistance, accentuant la vulnérabilité des communautés locales.

Face à cette situation, l’organisation appelle les autorités congolaises, les groupes armés et la communauté internationale à renforcer la protection des civils, garantir un accès humanitaire sans entrave et lutter contre l’impunité. Elle rappelle que la paix durable au Nord-Kivu ne pourra être obtenue sans justice, sans protection effective des populations et sans respect strict du droit international humanitaire.
Justin Mupanya