
Vingt personnes, dont une femme, sont mortes par pendaison dans la ville de Beni depuis le début de l’année 2026. Face à cette situation préoccupante, la Société civile appelle au renforcement de la prise en charge psychologique, tandis qu’un psychologue invite la communauté à mieux détecter et accompagner les personnes en détresse.
Ces chiffres ont été communiqués par Maître Pépin Kavotha, président de la Société civile de Beni, lors d’un entretien avec la Radio Oasis Congo, lundi 31 août 2026. Pour lui, cette situation nécessite une attention accrue des autorités et des acteurs du secteur de la santé, notamment en matière de prévention et d’accompagnement psychologique.
Selon Eugène Vomba, psychologue à Beni, plusieurs facteurs peuvent favoriser la détresse psychologique au sein de la communauté. Il cite notamment l’insécurité, l’exposition aux violences, la pauvreté, le chômage, les conflits familiaux ainsi que la consommation d’alcool et d’autres substances psychoactives.
Le spécialiste appelle surtout l’entourage à ne pas banaliser certains signes d’alerte. Une personne qui parle régulièrement de la mort ou manifeste une profonde détresse doit, selon lui, être écoutée avec attention et orientée vers une aide professionnelle.
« Il faut prendre au sérieux toute personne qui parle de la mort, l’écouter et l’orienter vers une aide appropriée », recommande le psychologue.
Le dernier cas rapporté à Beni remonte à la nuit du mardi 25 au mercredi 26 août 2026, dans le quartier Boikene, en commune de Rwenzori.
Pour les acteurs de la société civile, cette succession de décès doit interpeller davantage la communauté et les autorités. Le renforcement des services de santé mentale, l’écoute de proximité et la prévention pourraient contribuer à mieux identifier les personnes vulnérables et à leur offrir un accompagnement avant qu’une situation de détresse ne s’aggrave.
Remias Sumaïli