
La Fédération internationale de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge a organisé, lundi 17 août 2026, un briefing à l’intention des journalistes et animateurs des radios de la ville de Beni, dans la province du Nord-Kivu. Cette activité s’inscrit dans le cadre de la riposte contre la maladie à virus Ebola, notamment la souche Bundibugyo, qui sévit actuellement dans plusieurs provinces du pays.
Durant une journée, une trentaine de professionnels des médias ont été sensibilisés sur les généralités de la maladie, son évolution, les moyens de prévention ainsi que le rôle des médias dans la lutte contre les rumeurs et la désinformation.
Selon Nicephore Aguiar, officier chargé de la communication sur les risques et engagement communautaire à la Fédération internationale de la Croix-Rouge, les médias constituent un maillon important dans la riposte, en raison de la confiance dont ils bénéficient auprès de la population.
« Cette formation d’une journée, que nous pouvons d’ailleurs appeler briefing, à l’endroit des journalistes et animateurs radio de Beni, s’inscrit dans le cadre de la riposte contre la maladie à virus Ebola, souche Bundibugyo », a-t-il expliqué.
Il a indiqué que l’objectif était notamment de permettre aux professionnels des médias de disposer d’informations fiables afin de mieux sensibiliser la population sur les mesures de prévention et de protection contre Ebola.
« Dans leur rôle de protéger la population, de sensibiliser, d’éduquer, d’informer, de former et de divertir, les journalistes doivent mettre ce pouvoir au service de la communauté pour que les informations essentielles sur la protection et la prévention contre cette maladie soient relayées au sein des différentes communautés », a ajouté Nicephore Aguiar.
Les participants ont également été informés de l’évolution de la maladie, des statistiques disponibles, du cumul des cas et du nombre de personnes guéries. Pour les organisateurs, la communication sur les guérisons constitue un élément essentiel pour entretenir l’espoir et éviter que la maladie ne soit uniquement associée à la mort.
Le briefing a aussi porté sur la manière de rendre les messages de sensibilisation plus accessibles au grand public et de développer des émissions radiophoniques interactives, intéressantes et adaptées aux réalités des communautés.
Parmi les principales difficultés évoquées figure l’infodémie, caractérisée notamment par la circulation de fausses informations et de rumeurs autour de la maladie.
Selon Nicephore Aguiar, certaines personnes continuent de nier l’existence d’Ebola, tandis que d’autres expriment de la méfiance à l’égard des équipes de riposte ou accordent peu d’importance aux mesures barrières.
« Les principales difficultés que nous rencontrons, c’est d’abord l’infodémie. Nous combattons l’épidémie sur le plan biomédical, mais il y a également des fausses informations qui circulent au sein des communautés », a-t-il souligné.
Il a appelé les médias à contribuer davantage à la lutte contre les rumeurs en diffusant des informations vérifiées et compréhensibles.
« La riposte est l’affaire de nous tous et les médias en particulier, du fait de la confiance que la population leur accorde », a-t-il insisté.
Au cours de la rencontre, une démonstration pratique a également été organisée par deux membres de l’équipe chargée des enterrements dignes et sécurisés (EDS).
Les intervenants ont montré aux participants les différentes étapes à suivre lors de l’habillage et les précautions nécessaires pour réduire les risques de contamination pendant la prise en charge d’une personne décédée dans un contexte suspect ou confirmé d’Ebola.
Cette démonstration a permis aux journalistes de mieux comprendre les procédures appliquées par les équipes de riposte et de disposer d’informations précises à transmettre à la population.
À cette occasion, Nicephore Aguiar a réitéré son appel au respect des mesures barrières, notamment les consignes des équipes sanitaires, afin de limiter la propagation du virus.
La journée s’est clôturée par une visite guidée au Centre de traitement d’Ebola (CTE), installé au sein de l’Hôpital général de référence de Beni.
Des journalistes ont ainsi pu découvrir le fonctionnement du centre et les différentes étapes de la prise en charge des patients. Les équipes de riposte ont notamment expliqué l’organisation des espaces réservés aux cas suspects et aux cas confirmés.
Un agent sanitaire d’International Medical Corps (IMC), qui a conduit la visite, a expliqué que les patients sont d’abord orientés vers une zone de triage avant d’être dirigés vers les espaces correspondant à leur statut épidémiologique.
« Quand un malade arrive, il doit passer d’abord par le triage. Et après, s’il est déjà confirmé, il y a un bloc réservé aux cas confirmés. Mais s’il est un cas suspect, il y a également un bloc réservé aux suspects », a-t-il expliqué.
Cette visite a permis aux professionnels des médias de mieux comprendre le parcours des patients ainsi que les mesures de prévention mises en place au sein du CTE.
À travers cette initiative, la Croix-Rouge RDC entend renforcer la collaboration avec les médias afin d’améliorer la qualité des informations diffusées à la population et de contribuer à une meilleure adhésion communautaire aux mesures de prévention contre Ebola.
La Rédaction