
À l’occasion de la Journée mondiale de la santé mentale, célébrée le 10 octobre, le service de santé mentale et neuropsychiatrique du Centre médical GRACIA de Beni, au Nord-Kivu, a sensibilisé la population à l’importance de la santé mentale, dans un contexte marqué par l’insécurité persistante et les traumatismes liés aux violences armées dans la région.

Placée sous le thème « Il n’y a pas de santé sans santé mentale », cette journée a été l’occasion de rappeler les conséquences psychologiques des conflits armés sur les populations de Beni et de ses environs.
Selon Hélène, psychologue et spécialiste en psychiatrie au Centre médical GRACIA, la santé mentale est étroitement liée à la santé physique. Elle souligne que les troubles psychologiques peuvent influencer l’état général d’une personne et compliquer la prise en charge de certaines maladies.
Dans une interview accordée à Radio Oasis Congo, la professionnelle de santé a également insisté sur le rôle de la santé mentale dans la résilience, les relations sociales, la productivité et l’épanouissement personnel.
L’insécurité, un facteur de détresse psychologique
La spécialiste relève que l’insécurité chronique dans la région de Beni expose de nombreux habitants à des traumatismes, au stress, à la peur et à d’autres difficultés psychologiques liées aux conditions de vie.
Cette situation renforce la nécessité d’accorder une attention particulière à la santé mentale, alors que les violences armées et les déplacements de population continuent d’affecter les communautés locales.
À cette occasion, Hélène a appelé la population à consulter régulièrement les professionnels de santé, sans attendre l’apparition de symptômes graves.
Elle a également encouragé la solidarité et la résilience communautaire afin d’aider les personnes traumatisées et de soutenir les familles affectées par les violences.
Plus de 13 000 cas de troubles mentaux rapportés
Les données présentées à l’occasion de cette journée font état de 13 282 cas de troubles mentaux recensés dans la région au cours de l’année écoulée, contre 1 357 cas avant les massacres successifs qui ont endeuillé cette partie du Nord-Kivu.
Cette évolution souligne l’ampleur des besoins en matière de prise en charge psychologique et psychiatrique dans la région. Toutefois, la source et la période exacte de ces statistiques méritent d’être précisées afin de mieux documenter l’évolution de la situation.

Le Centre médical GRACIA renforce son offre de soins
Pour répondre aux besoins de la population, le Centre médical GRACIA de Beni dispose notamment d’un service de santé mentale et neuropsychiatrique. Il propose également des soins généraux, des services de dentisterie, une unité d’imagerie médicale avancée et un laboratoire biomédical.
À travers cette sensibilisation, le service de santé mentale et neuropsychiatrique entend contribuer à une meilleure compréhension des troubles psychologiques et encourager les habitants à accorder davantage d’importance à leur bien-être mental.
Prendre soin de sa santé mentale constitue un élément essentiel de la santé globale, particulièrement dans une région confrontée depuis plusieurs années aux conséquences humaines et psychologiques des violences armées.
Juvenal Bulemo