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Ituri : nouvelle attaque des ADF à Biakato, trois civils tués

Trois civils ont été abattus et cinq maisons incendiées dans la nuit du mercredi 13 au jeudi 14 mai lors d’une attaque attribuée aux rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF), affiliés au mouvement État islamique. Les assaillants ont fait irruption vers 23 heures dans le quartier Bangole, au centre de Biakato, territoire de Mambasa, semant panique et désolation. De nombreuses familles ont fui précipitamment leurs domiciles pour chercher refuge dans des zones jugées plus sûres.

Le bilan provisoire fait état de trois morts, plusieurs disparus et des habitations réduites en cendres. Les recherches se poursuivent ce jeudi matin pour retrouver d’éventuelles victimes et mesurer l’ampleur des dégâts.

Cette nouvelle incursion survient à peine une semaine après le massacre du 7 mai 2026, toujours à Biakato, où les ADF avaient tué 21 civils dans les quartiers de Lalia, Vatican et Kawame, ainsi que sur l’axe Biakato-Kotakoli. Ce précédent drame avait déjà plongé la cité dans une psychose persistante et suscité l’indignation de la société civile.

La région de Biakato est devenue l’un des foyers les plus touchés par l’insécurité en Ituri. Les attaques répétées des ADF visent directement les civils, provoquant des déplacements massifs et une peur généralisée. Les quartiers de Laliya et Makumo avaient également été frappés récemment, aggravant la situation.

Face à cette recrudescence de violences, les autorités militaires affirment avoir renforcé les dispositifs sécuritaires dans le cadre de l’état de siège instauré en Ituri et au Nord-Kivu. L’armée appelle la population à collaborer davantage en dénonçant tout mouvement suspect.

Cette attaque intervient aussi au lendemain du déploiement des Casques bleus de la MONUSCO à Mambasa, venus en appui aux FARDC pour tenter de contenir les groupes armés et protéger les civils.

La société civile, par la voix de Me Jospin Paluku Mbowa, coordonnateur de la Nouvelle Société civile Congolaise, dénonce une « attaque enchaînée des ADF sur les civils ». Il souligne que malgré les alertes lancées par la population dans la journée, l’ennemi a frappé à nouveau dans la nuit, plongeant Biakato dans une psychose totale. « Depuis l’incursion du 7 mai, l’ennemi n’a jamais été poursuivi dans la profondeur de la brousse par les forces loyalistes. La situation sécuritaire reste minimisée et la population continue de périr malgré l’état de siège instauré depuis cinq ans », déclare-t-il.

Justin Mupanya

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