
La peur et la fuite nocturne rythment désormais le quotidien des populations vivant autour de la Réserve de faune à okapis (RFO), dans le territoire de Mambasa, en Ituri, après les récentes attaques attribuées aux combattants des Allied Democratic Forces (ADF). Chaque soir, des familles entières quittent leurs habitations pour se réfugier dans la forêt, redoutant de nouvelles incursions armées.
À Salate, le chef du village Mamopi, Humudi Asumani, décrit une situation sécuritaire devenue critique. Selon lui, l’attaque du village de Bafwakoa, qui a fait près de 50 morts parmi les civils d’après des sources locales, a profondément traumatisé les communautés et renforcé un climat de psychose dans la zone. Il indique que plusieurs localités riveraines de la RFO vivent désormais sous une menace permanente.
Il cite notamment Mamopi, Ebiane ainsi que les villages de Salate 1, Salate 2 et Salate 3, où la crainte d’attaques nocturnes est omniprésente.Le chef coutumier explique que ces déplacements nocturnes vers la forêt sont devenus une stratégie de survie pour les habitants, dans cette zone enclavée située sur l’axe Mambasa–Kisangani, où la présence sécuritaire reste jugée insuffisante.
Face à cette situation, Humudi Asumani lance un appel pressant aux responsables de la Réserve de faune à okapis ainsi qu’aux autorités compétentes. Il précise que les populations n’attendent pas prioritairement une aide matérielle, mais des mesures concrètes pour assurer leur protection.
Parmi les recommandations formulées, il insiste sur l’organisation de patrouilles nocturnes régulières par les éco-gardes, entre 19 heures et 1 heure du matin, une tranche horaire considérée comme la plus à risque. Il plaide également pour un renforcement de la présence des forces de sécurité afin de dissuader toute nouvelle attaque. Selon lui, seule une présence visible et coordonnée des services de sécurité pourrait rassurer les habitants et limiter les incursions armées dans ces villages.
Notons que ces dernières semaines, les attaques des ADF dans les villages de Muchacha, Babesua et Bafwakoa ont fait plus de 100 morts parmi les civils, un bilan qui alimente l’inquiétude et l’indignation au sein des communautés locales, où plusieurs voix s’élèvent pour exiger des actions urgentes afin de mettre fin à cette insécurité persistante.
Roger Kakulirahi, à Mambasa