
Une hausse vertigineuse du prix de la cossette de manioc s’observe depuis plus de deux mois dans l’agglomération de Kiwanja, en territoire de Rutshuru (Nord-Kivu). Cette situation inquiète de nombreuses familles, déjà fragilisées par des conditions économiques précaires.
Selon des vendeuses rencontrées sur place, le prix d’un sac de cossette de manioc, qui se négociait autour de 60 000 francs congolais il y a encore quelques mois, varie actuellement entre 85 000 et 90 000 francs congolais. En détail, un bassin de cossette se vend désormais entre 10 000 et 15 000 francs congolais, soit une hausse significative qui impacte directement le pouvoir d’achat des ménages.

À en croire plusieurs acteurs du secteur, cette flambée des prix s’explique principalement par la baisse de la production dans les zones de Bambu et Kibirizi, considérées comme les principaux bassins agricoles alimentant Kiwanja en manioc. « Il y a deux mois que les prix ont augmenté, parce que les gens ne cultivent plus le manioc à Bambu et Kibirizi. Ici à Kiwanja, on n’en cultive presque pas », témoigne Maman Rachel, vendeuse de cossette de manioc.
Face à cette situation, de nombreuses familles démunies peinent à se nourrir correctement. Une forme d’insécurité alimentaire commence ainsi à se faire ressentir dans cette partie du territoire de Rutshuru, où la cossette de manioc constitue l’un des aliments de base.
Les cultivateurs, quant à eux, semblent se détourner progressivement de la culture du manioc au profit du caféier, jugé plus rentable. Une tendance qui contribue davantage à la raréfaction du produit sur le marché local.
Maman Rachel lance un appel aux agriculteurs afin qu’ils relancent la culture du manioc pour atténuer cette crise alimentaire. Elle sollicite également l’intervention des organisations humanitaires pour venir en aide aux populations les plus vulnérables.
Isaac Makuta, depuis Kiwanja