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Lubero : l’ensemble des zones de santé touché par Ebola, la Société civile critique la gestion de la riposte

La confirmation de nouveaux cas d’Ebola à Alimbongo et Kayna porte à sept le nombre de zones de santé touchées dans le territoire de Lubero, au Nord-Kivu. Face à cette extension, la Société civile Forces Vives de Lubero dénonce de nombreuses difficultés dans la conduite de la riposte et appelle à un changement d’approche.

La situation épidémiologique liée à la maladie à virus Ebola continue de préoccuper dans le territoire de Lubero. Le vendredi 2 octobre 2026, six nouveaux cas ont été confirmés dans les zones de santé d’Alimbongo et de Kayna. Selon les informations communiquées, quatre infections ont été identifiées à la suite de prélèvements effectués après des décès dans la communauté, tandis que deux patients sont actuellement pris en charge.

Ces nouvelles contaminations portent à sept le nombre de zones de santé de Lubero affectées par l’épidémie. Musienene, Lubero, Manguredjipa, Biena, Masereka, Kayna et désormais Alimbongo sont concernées.

Cette évolution intervient dans un contexte marqué par d’importants défis sécuritaires et géographiques, qui compliquent le déploiement des équipes sanitaires et le suivi des contacts.

La Société civile interpelle les autorités

Dans son analyse trimestrielle publiée le 2 octobre, la Coordination territoriale de la Société civile Forces Vives de Lubero exprime de fortes préoccupations concernant la gestion de la riposte.

L’organisation affirme notamment que les équipes de première ligne rencontrent des difficultés liées aux moyens de travail, aux équipements de protection et à la prise en charge des activités communautaires. Elle estime également que les ressources mobilisées pour lutter contre l’épidémie ne produisent pas suffisamment d’effets visibles sur le terrain.

Son président, Muhindo Tafuteni Waleyirwe, dénonce ce qu’il qualifie de « grande légèreté du Gouvernement face à une population déjà meurtrie par la guerre ».

Des critiques contre l’approche de la riposte

La Société civile remet également en question l’approche dite « zonale », qu’elle considère comme insuffisante pour répondre aux réalités locales.

Selon cette organisation, une partie des ressources devrait parvenir directement aux zones de santé et aux structures communautaires impliquées dans la prise en charge et la prévention.

Cette position intervient alors que les autorités sanitaires continuent de déployer des mesures de surveillance et de prise en charge. Dans le territoire de Lubero, des patients ont récemment été déclarés guéris dans les zones de santé de Biena et de Lubero, signe que certaines actions de riposte produisent également des résultats.

Quatre recommandations

Pour améliorer la riposte, la Société civile Forces Vives formule plusieurs recommandations à l’endroit des autorités et des partenaires.

Elle demande au Gouvernement central de renforcer les moyens consacrés à la lutte contre Ebola et d’instaurer un mécanisme régulier de contrôle de leur utilisation. Elle appelle également les partenaires internationaux à accroître leur appui et à renforcer le suivi des interventions sur le terrain.

Aux services de sécurité, elle demande notamment de contribuer à la sécurisation des structures de prise en charge et des équipes engagées dans la riposte.

Enfin, la Société civile invite la population à collaborer avec les équipes sanitaires, notamment en facilitant l’identification et le suivi des contacts, en respectant les mesures préventives et en luttant contre les rumeurs liées à la maladie.

Alors que toutes les zones de santé du territoire de Lubero sont désormais concernées, les autorités sanitaires sont ainsi appelées à renforcer la surveillance et la réponse locale afin de limiter davantage la transmission de la maladie.

Maua Grâce

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