L’orphelinat TUKINGE YATIMA, situé à Kasindi dans le groupement Basongora (territoire de Beni), a enregistré l’arrivée de cinq nouveaux enfants au cours de la semaine du 13 au 18 avril 2026. Parmi eux, trois proviennent de Mangurujipa, dans le territoire voisin de Lubero, récemment touché par des attaques attribuées aux rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF).
Âgés de 4 à 12 ans, ces enfants ont survécu à des violences extrêmes ayant coûté la vie à leurs proches. Accueillis dans des conditions précaires, ils présentent pour la plupart de lourds traumatismes psychologiques. « Le traumatisme est profond : insomnies, pleurs nocturnes, refus de s’alimenter, sursauts au moindre bruit », confie la responsable du centre, évoquant l’état dans lequel arrivent ces mineurs.
À ces séquelles psychologiques s’ajoute une grande vulnérabilité matérielle. La majorité des enfants admis arrivent sans effets personnels, sans documents d’identité ni suivi médical. « Nous les recevons tels qu’ils viennent, souvent avec des habits déchirés et une grande détresse », explique Desange Maliro Kavugho, responsable de l’orphelinat.
Structure à caractère communautaire, TUKINGE YATIMA fonctionne essentiellement grâce à la solidarité locale et au bénévolat. Le centre assure l’hébergement, l’alimentation, une prise en charge éducative de base ainsi qu’un accompagnement moral. Toutefois, l’afflux constant d’enfants en provenance de zones affectées par l’insécurité — notamment Mamove, Eringeti, Mangurujipa et Oicha — met ses capacités à rude épreuve.
Le manque de lits, l’insuffisance des vivres, l’absence de personnel spécialisé en soutien psychosocial et la difficulté à couvrir les frais médicaux figurent parmi les défis majeurs auxquels fait face l’orphelinat. « Nous faisons de notre mieux avec les moyens du bord, mais ces enfants ont besoin d’une prise en charge plus structurée », témoigne un bénévole.
Face à cette situation, la responsable du centre a lancé, ce samedi 18 avril 2026, un appel à l’aide en direction des personnes de bonne volonté. Elle sollicite le soutien des particuliers, des organisations religieuses, des opérateurs économiques de Kasindi, de la diaspora ainsi que des acteurs humanitaires.
Les besoins prioritaires concernent notamment les vivres, les vêtements, les matelas, les kits d’hygiène, les médicaments de première nécessité, ainsi que la prise en charge scolaire et psychosociale. « Sauver un enfant aujourd’hui, c’est prévenir des difficultés sociales demain », a-t-elle insisté.
Les acteurs engagés dans la protection de l’enfance mettent en garde contre les risques encourus par ces enfants en l’absence d’un accompagnement adéquat, notamment l’abandon scolaire, la marginalisation ou encore l’exposition à diverses formes d’exploitation.
Située à la frontière, la cité de Kasindi constitue un point de transit important pour les populations déplacées. Dans ce contexte, des structures comme TUKINGE YATIMA jouent un rôle essentiel dans la prise en charge d’urgence des enfants vulnérables, appelant à un renforcement de leur capacité d’accueil et de leur encadrement.
Romulus Nzalumbo