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Nord-Kivu : le bilan du massacre de Mbau grimpe à 21 civils tués, la population en exode

Le village de Mbau, chef-lieu du secteur de Beni-Mbau en territoire de Beni, est plongé dans la consternation après la récente attaque attribuée aux rebelles ADF. Le bilan, initialement estimé à 16 morts, a été revu à la hausse ce jeudi avec la découverte de cinq nouveaux corps, portant à 21 le nombre total de civils tués.

La confirmation est venue de Katembo Kisaki Louis, président de la société civile de Batangi-Mbau, qui a indiqué que dix victimes ont été enterrées ce jeudi. Quatre corps ont été retrouvés dans la localité de Kingeste et un autre à Ngite. Cette attaque, survenue dans la nuit du mardi 2 au mercredi 3 juin, a ciblé plusieurs quartiers dont Matete, Kitoho et Mamuli.

Les assaillants ont mené une offensive d’une rare violence : civils exécutés, maisons incendiées et biens pillés. Plusieurs personnes restent portées disparues, laissant craindre un bilan encore plus lourd. À Matete, des habitants ont été surpris lors d’une veillée mortuaire transformée en scène de massacre. À Kitoho, des maisons ont été réduites en cendres. Parmi les victimes figure un couple pastoral de l’Église kimbanguiste, dont la disparition a bouleversé la communauté chrétienne locale.

Au lendemain de l’attaque, la peur s’est installée dans cette agglomération stratégique située sur l’axe Beni-Kamango. Des familles entières ont quitté leurs maisons, leurs champs et leurs commerces pour chercher refuge dans la ville de Beni ou dans les villages environnants. Les rues de Mbau, autrefois animées, sont désormais désertes, témoignant de l’exode massif des habitants.

La société civile dénonce une dégradation continue de la situation sécuritaire et rappelle que des alertes avaient été lancées concernant des mouvements suspects d’hommes armés dans la région. Elle appelle les autorités militaires à renforcer les dispositifs de protection et à intensifier les opérations contre les groupes armés actifs dans le territoire de Beni.

Cette tragédie survient quelques jours seulement après d’autres massacres signalés à Ngadi, Vemba et Kadou, où une vingtaine de civils avaient également été tués. La répétition de ces violences renforce le sentiment d’abandon exprimé par les habitants, confrontés depuis des années aux attaques meurtrières des ADF.

Alors que les recherches se poursuivent pour retrouver d’éventuels survivants et des personnes disparues, les familles endeuillées organisent les funérailles de leurs proches. Pendant ce temps, l’exode se poursuit à Mbau, où la peur d’une nouvelle attaque semble désormais plus forte que l’espoir d’un retour rapide à la normale.

Elie Mariboyi

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