L'information est notre priorité

Nord-Kivu: lutte contre les conflits fonciers à Beni-Mbau, GLHRP organise un dialogue entre les communautés riveraines et les Pygmées

L’ONG de défense des droits humains Great Lakes Human Rights Programs (GLHRP) a organisé, jeudi 34 septembre, un dialogue foncier au bureau du secteur de Beni-Mbau, dans le territoire de Beni. Cette activité était consacrée à la sensibilisation sur la loi portant promotion et protection des peuples autochtones pygmées en RDC, ainsi qu’à la prévention des conflits fonciers et au renforcement de la cohabitation pacifique.

Plus de 50 participants ont pris part à cette rencontre, parmi lesquels des représentants des peuples autochtones pygmées, des communautés riveraines, de l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN), des autorités coutumières et des autorités politico-administratives.

Selon Maître Jackson Kisenga, coordonnateur de GLHRP, cette initiative visait à réunir les principaux acteurs concernés par les questions foncières afin de favoriser le dialogue et de rechercher des solutions communes aux tensions qui opposent parfois les communautés.

« La problématique foncière gangrène un peu la cohabitation pacifique entre les Bantous et les peuples autochtones pygmées », a-t-il expliqué, soulignant la nécessité d’impliquer toutes les parties prenantes dans la recherche d’un compromis.

Il a également appelé chaque communauté à respecter les droits fonciers de l’autre. Les communautés riveraines, a-t-il insisté, ne doivent pas s’approprier les terres des peuples autochtones pygmées, tandis que ces derniers doivent également respecter les terres appartenant aux communautés voisines.

Pour le président du Conseil local de la jeunesse de Beni-Mbau, Kasereka Ndovya Moïse, l’activité revêt une importance particulière dans un secteur régulièrement confronté à des tensions liées à la terre.

Il estime que le dialogue peut contribuer à réduire les tensions entre cultivateurs, peuples autochtones, chefs coutumiers et autorités locales. Il cite notamment des situations où des concessionnaires et des occupants se retrouvent en conflit autour de la propriété ou de l’occupation des terres.

« Cette activité peut atténuer la tension communautaire et permettre aux deux parties de revenir chacune à la raison », a-t-il déclaré.

Les peuples autochtones saluent une démarche de dialogue

Du côté des peuples autochtones pygmées, Mutuli Kisubi Jean-Pierre, l’un de leurs représentants, s’est dit satisfait de la tenue de cette activité. Il a particulièrement relevé la possibilité offerte aux différentes parties d’exprimer leurs préoccupations et de confronter leurs points de vue dans un climat finalement apaisé.

Selon lui, les échanges ont notamment permis d’aborder les besoins des peuples autochtones pygmées dans les conflits fonciers et les moyens de régler les différends avec les communautés bantoues et les responsables locaux. Il a appelé les membres de sa communauté à privilégier la collaboration avec les autres communautés et à lutter contre les attitudes pouvant favoriser le tribalisme et la discrimination.

À travers ce dialogue, GLHRP entend ainsi encourager les différents acteurs à mieux connaître leurs droits et responsabilités en matière foncière et à privilégier le dialogue dans la résolution des différends. L’objectif affiché est de contribuer à une cohabitation plus pacifique entre les peuples autochtones pygmées et les autres communautés de Beni-Mbau.

Faraja Katho

Partager

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *