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Beni : cinq cas de vols en avril et des abus sécuritaires dénoncés par la société civile de Baswagha-Lubena

La Société civile Forces vives des villages Baswagha-Lubena a salué, vendredi, les efforts fournis par les services de défense et de sécurité pour contenir la résurgence des incursions armées dans les agglomérations de Cantine et Mabalako. Cette reconnaissance a été exprimée à l’issue d’une réunion tenue avec les différentes composantes locales.

Cependant, l’organisation alerte sur une dégradation préoccupante de la situation sécuritaire. Selon des données documentées, au moins cinq cas de vols qualifiés ont été enregistrés au cours du mois d’avril 2026, sans qu’aucun suivi judiciaire effectif ne soit engagé à ce jour contre les présumés auteurs.

Parmi les faits relevés figure l’assassinat du jeune Ekoka Kitoko, dont le corps a été découvert le 8 avril sur l’axe Métal, sa motocyclette ayant été emportée vers une destination inconnue. Des cas de charlatanisme ont également été signalés le 12 avril dans le quartier Maendeleo, suscitant des appels à une implication accrue des autorités coutumières.

La société civile dénonce par ailleurs des dérives dans la conduite des patrouilles nocturnes, censées assurer la sécurité des populations. Selon Kambale MusubaoTchetche Aliamini, ces opérations seraient devenues, une source de tensions entre civils et forces de l’ordre. Parmi les abus signalés : fouilles corporelles jugées abusives, extorsions de fonds, rançonnement aux abords des lieux publics, ainsi que des interpellations arbitraires accompagnées de rétention illégale de motocyclettes.

D’autres pratiques préoccupantes sont évoquées, notamment l’exigence de paiements aux familles pour la prise en charge de personnes gardées à vue, en violation des textes légaux en vigueur. La consommation de chanvre et de boissons alcoolisées par certains éléments en plein service est également dénoncée.

La Société civile estime que ces actes constituent une violation grave des droits fondamentaux garantis par la Constitution, y compris en période d’état de siège, notamment le droit à la vie, à l’intégrité physique et à la dignité humaine. Elle rappelle que la Police nationale est chargée d’assurer la sécurité des personnes et de leurs biens, tandis que les Forces armées ont pour mission de protéger la population et l’intégrité du territoire.

Face à cette situation, la Société civile Forces vives Baswagha-Lubena formule plusieurs recommandations. Elle exige notamment le recentrage des patrouilles sur leur mission régalienne de sécurisation, la mise en place d’un plan local de sécurité participative impliquant les leaders communautaires, ainsi que la saisine systématique de l’Auditorat militaire de garnison de Beni-Butembo en cas d’infractions.

Elle appelle en outre le commandement des opérations à sanctionner tout élément impliqué dans des actes d’extorsion, de vol, de consommation de stupéfiants ou de détention arbitraire, et recommande une meilleure communication des décisions issues des réunions de sécurité, au nom de la transparence et de la redevabilité.

La Société civile conclut en insistant sur la nécessité de restaurer la confiance entre la population et les forces de sécurité, condition essentielle à une sécurité durable dans la région.

Thanks-Aiglon Mukanda Paluku

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