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Beni : plus de 5 200 ménages déplacés recensés à Mabalako, les acteurs locaux appellent à une assistance humanitaire urgente

Au moins 5 209 ménages de personnes déplacées internes (PDI) ont été recensés dans la chefferie de Mabalako, en territoire de Beni (Nord-Kivu), à la suite des violences attribuées aux rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF). Ce bilan est issu d’un recensement réalisé par le Comité du Mouvement des Populations et des Déplacés (CMPD-Mabalako), en collaboration avec la Société civile du groupement Baswagha-Madiwe et les chefs de base locaux.

Selon le président du CMPD-Mabalako, Kakule Mukirania Koudra, ces ménages ont fui plusieurs villages des localités de Bapakombe-Pendekali et Mambabwanga, dans le groupement Baswagha-Madiwe, ainsi que le groupement Batangi-Bingo et la commune rurale de Mangina, à la recherche d’un refuge plus sûr.

Les déplacés sont répartis dans trois aires de santé. L’aire de santé de Mabalako accueille 3 271 ménages, celle de Visiki en compte 1 781, tandis que 157 ménages sont enregistrés dans l’aire de santé de Vusahiro.

À Mabalako, les familles déplacées sont principalement hébergées dans les villages de Kamaghume (797 ménages), Bashu (875), Salongo (635), Mangalala (627), Kithokolo et Katole (142), Katchero et Matiba (125) ainsi qu’à Runzai (69). Dans l’aire de santé de Visiki, elles sont réparties entre Usine (854 ménages), Vulambayiri (150), Visiki (400), Mambena (76) et Masangi (300).

La Société civile de Baswagha-Madiwe attribue cette nouvelle vague de déplacements aux attaques meurtrières perpétrées par les rebelles ADF. Son rapporteur adjoint, Ir. Baraka Syathaghalene, affirme que ces milliers de déplacés vivent dans des conditions extrêmement difficiles, sans bénéficier d’une assistance humanitaire.

Les besoins les plus pressants concernent les abris, l’alimentation, les soins de santé, l’accès à l’eau potable, la protection des enfants ainsi que le rétablissement de la paix et de la sécurité dans les villages d’origine. Face à cette situation, la Société civile appelle le Gouvernement congolais et les partenaires humanitaires à intervenir rapidement en faveur de ces populations vulnérables.

Les autorités locales se disent également préoccupées par l’arrivée continue de nouveaux déplacés. Elles craignent que la pression exercée sur les familles d’accueil ne provoque des tensions avec les communautés hôtes.

Le chef du quartier Salongo, Kevo D’Almon, invite la population à demeurer vigilante et à renforcer sa collaboration avec les services de sécurité afin de contribuer à la lutte contre l’insécurité persistante dans cette partie du territoire de Beni.

Les acteurs locaux précisent enfin que plusieurs ménages déplacés n’ont pas encore été enregistrés. Nombre d’entre eux trouvent refuge dans des familles d’accueil ou occupent des habitations abandonnées. Le nombre de personnes déplacées pourrait ainsi continuer d’augmenter si la situation sécuritaire ne s’améliore pas dans l’ouest du territoire de Beni.

Thanks-Aiglon Mukanda Paluku

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