
Le pont Ituri 2, situé sur la Route nationale n°44 reliant le territoire de Mambasa à la ville de Beni, s’est effondré ce dimanche, moins de trois ans après sa réhabilitation. Cet ouvrage, inauguré le 20 mars 2024 par l’Office des Routes, constituait un passage stratégique pour les échanges commerciaux entre l’Ituri et le Nord-Kivu.
Déjà lors de sa remise en service, plusieurs voix de la société civile avaient exprimé des doutes sur la qualité des travaux, dénonçant l’utilisation de matériaux vétustes et inadaptés. L’incident confirme aujourd’hui ces inquiétudes et plonge la région dans une crise de mobilité.
L’effondrement survient dans un contexte sécuritaire tendu, marqué par une recrudescence des attaques attribuées aux rebelles ADF dans le territoire de Mambasa. La rupture du trafic sur cet axe vital risque d’aggraver les difficultés des populations locales, notamment pour l’approvisionnement des marchés, le transport des produits agricoles et la circulation des personnes.
Les usagers craignent également des conséquences économiques majeures. La RN44 est un corridor stratégique pour le commerce régional, et son blocage pourrait entraîner une hausse des coûts de transport et une perturbation des activités économiques.
Réagissant à cet incident, Me Jospin Paluku Mbowa, coordonnateur de la Nouvelle Société civile, a dénoncé la « légèreté » observée lors de la précédente réhabilitation. Il appelle les autorités à reconstruire le pont avec des matériaux modernes et durables, et à confier les travaux à une entreprise privée capable de garantir la qualité. « Nous exigeons une reconstruction sérieuse et adaptée aux réalités actuelles », a-t-il déclaré.
En attendant une intervention des autorités, la circulation reste fortement perturbée, isolant temporairement certaines localités dépendantes de cette route stratégique.
Élie Mariboyi