
Le secteur éducatif est plongé dans une crise majeure, marquée par des mouvements de grève qui paralysent les villes de Beni et Butembo ainsi que plusieurs zones du territoire. Les revendications des enseignants portent à la fois sur la régularité du paiement des salaires et sur la libération de collègues incarcérés.
En ville de Beni, le Syndicat des enseignants du Congo (SYECO) a annoncé le 19 avril la suspension de son mouvement, permettant la reprise des cours dès le 20 avril dans plusieurs établissements. Le secrétaire permanent du SYECO, Ghyslain Bambirikire, a confirmé que des écoles comme Bungulu, Munyembelu, De Beni et De Bunzi ont rouvert, avec des classes déjà remplies d’élèves. Toutefois, cette reprise reste partielle : les écoles conventionnées catholiques demeurent fermées, le SYNECATH ayant décidé de maintenir la grève pour exiger la libération de deux enseignants incarcérés à la prison centrale de Beni (Kangbayi). Ces enseignants, originaires de l’axe Mutwanga–Mwenda dans le secteur Ruwenzori, sont au cœur de la mobilisation syndicale.
Dans la sous-division scolaire de Bulongo, qui couvre Bulongo, Lume, Kasindi, Mutwanga et Mwenda, aucun cours n’a repris. Les enseignants, toutes affiliations confondues, conditionnent la reprise des activités à la libération de leurs collègues détenus. À Oïcha, chef-lieu du territoire de Beni, la situation est plus nuancée : les écoles non catholiques ont rouvert, mais les établissements catholiques restent fermés.
À Butembo, les enseignants réunis en assemblée générale au siège du SYECO à Kitulu ont décidé de durcir leur grève. Le secrétaire permanent du SYECO local, Benito Mughaso Kamate, a expliqué que la revendication ne porte pas uniquement sur le salaire du mois de mars, mais sur la nécessité de mettre fin aux retards récurrents dans le paiement des salaires. « On ne peut pas continuer à enseigner sans être payé. Les enseignants veulent barrer la route à cette pratique de paiements tardifs », a-t-il déclaré, insistant sur le fait que le salaire du mois d’avril doit être versé dans les délais.
Entre reprise partielle en ville de Beni, blocage total dans le territoire et durcissement du mouvement à Butembo, le secteur éducatif du Nord-Kivu reste fortement perturbé. Les syndicats dénoncent une injustice et maintiennent la pression sur les autorités judiciaires et administratives. Pour des acteurs éducatifs comme Kitswigha Balu, la priorité demeure la libération des enseignants détenus et la régularité des paiements, conditions indispensables pour éviter une aggravation de la crise et garantir la stabilité du système scolaire.
Justin Mupanya