
Dans un arrêté provincial signé ce 18 juillet 2025, le Gouverneur militaire du Nord-Kivu, le Général-Major Évariste Somo Kakule, a institué une Commission ad hoc chargée de la clarification des limites légales du Parc national des Virunga (PNVi) dans la ville et le territoire de Beni. L’objectif est de répondre aux tensions croissantes liées aux conflits fonciers, aux occupations illégales et à l’insécurité persistante dans les zones riveraines de cette aire protégée classée patrimoine mondial de l’UNESCO.
Pourquoi cette commission ?
Selon l’Arrêté Provincial n° 01/ES/062/CAB/GP-NK/2025, cette initiative fait suite aux recommandations issues de l’atelier d’échange tenu à Beni les 11 et 12 juillet 2025, au cours duquel autorités, communautés locales et experts ont dénoncé les occupations anarchiques du parc et demandé un cadre juridique clair pour apaiser les tensions.
Le Gouverneur souligne également que tout déclassement ou modification des limites du parc relève de la compétence du gouvernement central, en vertu des lois nationales et conventions internationales ratifiées par la RDC.
Composition de la Commission
La Commission comprend 20 membres issus de différentes institutions, notamment :
- Le Procureur de la République près le Tribunal de Grande Instance de Beni (Président) ;
- Des représentants de l’ICCN (Institut Congolais pour la Conservation de la Nature) ;
- Des chefs coutumiers (Bashu, Watalinga, Beni-Mbau, Ruwenzori) ;
- Des députés provinciaux de Beni-ville et Beni-territoire ;
- Des responsables territoriaux et experts cartographes et environnementaux.
Elle peut également faire appel à d’autres experts techniques si nécessaire.
Missions principales
La Commission aura pour principales tâches de :
- Analyser la documentation légale et cartographique relative aux limites du parc ;
- Identifier les zones de conflits fonciers ;
- Évaluer les impacts socio-environnementaux de la démarcation physique ;
- Proposer des solutions juridiques et durables pour favoriser la cohabitation entre populations riveraines et l’ICCN.
Un rapport final sera transmis au Gouverneur de province et aux autorités nationales au plus tard le 15 septembre 2025.

Financement et exécution
Les frais de fonctionnement de cette Commission seront couverts conjointement par la Province, les partenaires techniques et les institutions de conservation concernées.
Le Directeur de Cabinet du Gouverneur, le Procureur Général, ainsi que plusieurs responsables territoriaux et environnementaux, sont chargés de veiller à l’application de cette décision.
Le Parc national des Virunga, le plus ancien d’Afrique, est confronté depuis plusieurs années à de multiples pressions : exploitation illégale des ressources, installation de populations déplacées, présence de groupes armés, et projets d’exploitation pétrolière controversés. Sa conservation reste un enjeu crucial pour la biodiversité mondiale, la paix communautaire et le développement durable dans la région.
Justin Mupanya