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Nord-Kivu : pénurie et flambée du carburant, les autorités s’activent pour contenir la crise

La hausse vertigineuse du prix du carburant se confirme ce samedi dans toute la région de Beni, au Nord-Kivu, où le litre d’essence se négocie désormais entre 15 000 et 20 000 francs congolais. Cette situation intervient dans un contexte de perturbation de l’approvisionnement, consécutive à la paralysie des activités à la frontière de Kasindi-Lubiriha.

Dès les premières heures de la matinée, les prix étaient encore relativement modérés, oscillant entre 8 000 et 10 000 francs congolais. Mais à partir de 9 heures, une hausse soudaine s’est imposée sur le marché, portée par la rareté du produit et l’arrêt de service observé dans plusieurs stations-service de la ville de Beni. Cette rupture a renforcé la dépendance aux circuits informels, où les revendeurs, communément appelés « Kadhafi », fixent librement les prix en fonction de la demande.

Dans les différents quartiers de la ville, les tarifs varient sensiblement. À Matonge, au centre-ville, le litre atteint jusqu’à 20 000 francs congolais, souvent sans possibilité de négociation. À Boikene, au nord, il se vend autour de 15 000 francs, tandis qu’à Kalinda, dans la cellule Kuka, il avoisine les 17 500 francs congolais. Cette flambée est également observée dans d’autres agglomérations de la région, confirmant une crise généralisée.

Selon le chef de service de l’économie en ville de Beni, cette situation serait liée à la grève observée à Kasindi. « Cette situation me préoccupe davantage. Nous subissons les conséquences de la grève observée à Kasindi », a-t-il déclaré, soulignant l’impact immédiat de cette paralysie sur l’approvisionnement local.

De son côté, le Chef de Division provinciale de l’économie indique que des démarches sont en cours pour analyser la situation et envisager des solutions durables. Cette précision met en évidence que la gestion de cette crise dépasse le cadre local et relève d’un niveau de coordination plus large à l’échelle provinciale.

À l’origine de la paralysie à Kasindi, des tensions persistent autour de l’introduction de nouvelles mesures fiscales dans le système douanier Sydonia. Selon l’Association congolaise des commissionnaires agréés en douane (ACCAD) Nord-Kivu, ces taxes, notamment celles liées à la santé et au prix moyen frontalier des produits pétroliers, relèvent des décisions du gouvernement central. Les services douaniers locaux ne joueraient qu’un rôle d’exécution.

Les répercussions de cette crise sont déjà palpables dans la vie quotidienne. Les coûts du transport ont fortement augmenté, réduisant la mobilité des habitants. De nombreux ménages se voient contraints de limiter leurs déplacements ou de privilégier la marche à pied. Par ailleurs, une hausse des prix des produits de première nécessité est redoutée, en raison de l’augmentation des coûts de transport des marchandises.

Dans un contexte socio-économique déjà fragile, cette flambée du carburant accentue les difficultés des populations locales. L’absence, pour l’instant, de mesures concrètes et immédiates renforce les inquiétudes quant à une aggravation de la situation dans les jours à venir.

Une intervention rapide des autorités compétentes apparaît désormais indispensable pour rétablir l’approvisionnement, encadrer les prix et éviter une détérioration plus profonde des conditions de vie dans toute la région de Beni.

Justin Mupanya

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