
Le sit-in organisé le 12 juin dernier dans la capitale congolaise continue de susciter des controverses, notamment autour du nombre de victimes. Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme a publié un rapport provisoire faisant état d’au moins un manifestant tué et 38 blessés, dont quatre responsables de l’opposition.
De son côté, la Coalition C64, organisatrice du rassemblement, avance un bilan beaucoup plus lourd : 2 morts, 552 blessés et 27 disparus. Ces chiffres illustrent des divergences importantes dans l’évaluation des conséquences de cette manifestation, qui s’est déroulée dans un climat de tension politique.
Dans un communiqué rendu public depuis Genève, le porte-parole du Haut-Commissariat, Seif Magango, a fermement condamné les violences, appelant à la protection des manifestants et au respect des droits fondamentaux. Le Haut-Commissaire, Volker Türk, a exigé l’ouverture d’une enquête indépendante, transparente et impartiale afin d’établir les responsabilités. Il a également exhorté les autorités congolaises à garantir les libertés publiques, notamment le droit de manifestation, dans la perspective des élections prévues en 2028.
La Coalition C64, regroupant plusieurs partis et mouvements citoyens, accuse les forces de sécurité d’avoir fait un usage disproportionné de la force pour disperser les manifestants. Elle réclame une prise en charge médicale urgente pour les blessés et la libération des personnes arrêtées.
Ces incidents surviennent dans un contexte politique déjà sensible en République démocratique du Congo, où les débats autour des libertés publiques, de la sécurité des manifestations et du rôle des forces de l’ordre restent au cœur des préoccupations. Les divergences entre les bilans de l’ONU et de la Coalition C64 mettent en évidence la nécessité d’une enquête crédible pour rétablir la vérité et apaiser les tensions.
Elie Mariboyi