
La communauté nande à Beni, par le biais de son président Kambale Pirisi, a livré ce lundi un message fort à la jeunesse africaine, en insistant sur l’importance de préserver et de valoriser les musiques traditionnelles. Pour lui, la musique n’est pas seulement un divertissement, mais un véritable outil d’éducation, de transmission des valeurs et de cohésion sociale.

Dans son intervention, il a rappelé que dans la culture nande, chaque type de musique avait une fonction bien définie : certaines accompagnaient les cérémonies de deuil, d’autres les mariages, ou encore l’investiture d’un chef coutumier. La danse et les paroles des chansons constituaient un langage codé, porteur de conseils et de sagesse. « Chez nous, la musique c’était l’éducation », a-t-il martelé, soulignant que les artistes traditionnels ne pouvaient pas se permettre de diffuser des messages vides de sens.

À l’inverse, il déplore que la jeunesse actuelle se tourne massivement vers la musique urbaine, souvent inspirée de modèles étrangers, et qui expose les jeunes à l’acculturation. Selon lui, cette tendance fragilise l’identité culturelle africaine et éloigne les jeunes des valeurs qui devraient les guider. « La peur est grande, car la jeunesse imite ce qui vient d’ailleurs sans discernement », a-t-il averti.
Kambale Pirisi a insisté sur le rôle de la musique comme vecteur de culture, d’interpellation et de solidarité. Il a exhorté les jeunes Africains à aimer leurs traditions, à puiser dans leurs racines et à ne pas rejeter leur patrimoine au profit de modèles importés. « Ne cherchez pas à copier ce qui est mauvais chez les autres, cherchez ce qui est bon et apportez-le chez vous », a-t-il conseillé.
Son plaidoyer s’inscrit dans un contexte où les débats sur la préservation des cultures africaines face à l’influence des musiques modernes et mondialisées prennent de l’ampleur. Plusieurs observateurs estiment que la musique traditionnelle, en plus de son rôle artistique, peut contribuer à la résilience des communautés, à la transmission des savoirs et à la consolidation de l’identité collective.
Au-delà de la communauté nande, ce message s’adresse à l’ensemble de la jeunesse africaine. Il invite à une véritable renaissance culturelle, où la musique redeviendrait un instrument de formation, de mémoire et de fierté.
Justin Mupanya