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Beni–Mutwanga–Mwenda : entre suspension et prolongation de grève, les enseignants maintiennent la pression

Le climat scolaire reste tendu dans le territoire de Beni et ses environs. Alors que le Syndicat des enseignants du Congo (SYECO) a annoncé le 19 avril 2026 la suspension de sa grève à Beni, permettant la reprise des cours dès le 20 avril, les enseignants des centres scolaires de Mutwanga et Mwenda ont, le même jour, décidé de prolonger leur mouvement jusqu’à la libération de leurs collègues détenus.

À Beni, la grève avait été déclenchée au début du mois d’avril pour dénoncer le paiement tardif des salaires du mois de mars. Durant une semaine, les écoles sont restées fermées, plongeant les élèves et leurs parents dans l’incertitude. Le secrétaire permanent du SYECO, Ghyslain Bambirikire, a précisé que la suspension ne signifie pas la fin des revendications : les enseignants exigent désormais la régularité du paiement des salaires, notamment celui du mois d’avril. « Nous reprenons les cours pour ne pas pénaliser davantage les élèves, mais nous restons vigilants », a-t-il averti, laissant planer la menace d’une reprise de la grève en cas de non-respect des engagements.

À Mutwanga et Mwenda, la situation est différente. Réunis en assemblée le 19 avril, les syndicats ont déclaré que les cours ne reprendront qu’après la libération totale des enseignants emprisonnés, qu’ils estiment condamnés injustement. Ils ont appelé les autorités à s’impliquer rapidement dans ce dossier et invité les parents à garder leurs enfants à la maison jusqu’à ce que la situation soit résolue. Les syndicats ont également mis en garde les chefs d’établissement et gestionnaires accusés d’intimider les grévistes. La position commune est portée par Confiance Ramazani (SYECO), Kambale Mulauli (SYNECATH) et Bashiru Rumaliza (SYNEP).

Ces deux mouvements, bien que distincts dans leurs revendications – l’un axé sur les conditions salariales, l’autre sur la justice et la libération des collègues – traduisent une même réalité : la fragilité du secteur éducatif dans la région. Les enseignants dénoncent depuis longtemps des conditions de travail précaires et des injustices persistantes. La suspension de la grève à Beni est perçue comme une trêve conditionnelle, tandis que la poursuite du mouvement à Mutwanga et Mwenda accentue les inquiétudes des parents et des élèves quant au bon déroulement de l’année scolaire.

Justin Mupanya

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